Cet avant-midi, les ministres Raymond Bachand et Line Beauchamp ont annoncé deux mesures visant le régime d’aide financière aux études pour « favoriser l’accessibilité aux études ». La première est d’instaurer le remboursement proportionnel aux revenus, et la deuxième vise l’élargissement du programme existant de prêts et bourses.

En fait, on devrait plutôt dire l’élargissement du programme de prêts. Tout simplement. Grosso modo, ces deux mesures viennent dire qu’on permet à plus d’étudiants de s’endetter plus et ce, sur une plus longue période.

Côté « accès aux études », on repassera.

Au final, le gouvernement refuse de bouger sur la question des frais de scolarité – les étudiants doivent payer leur juste part.

Parlons-en, de la juste part.

La juste part, pour ce gouvernement, ça veut dire que les étudiants doivent encaisser une hausse de 75% des frais qu’ils paient pour aller sur les bancs de l’université. Ça implique aussi que les Québécois paient une taxe santé de 200$.

Toutefois, la juste part, ça n’implique pas d’aller chercher « la juste part » de nos ressources naturelles. Ça n’implique pas aussi que le gouvernement fasse sa « juste part » pour enrayer la corruption dans l’appareil étatique. Ça n’implique pas, non plus, que les universités fasse leur « juste part » en corrigeant leur gestion exécrable, mis au jour par de nombreux scandales financiers. Ça n’implique pas non plus que les dirigeants de ces mêmes universités fassent leur « juste part » au lieu de se permettre des hausses de salaire faramineuse de 100 000$.

Décidément, la politique de la « juste part », ça ne vise que la classe moyenne. C’est un système à sens unique, non-réciproque, et surtout injuste.

Une piste de réflexion pour vous – les baby-boomers, lorsqu’ils prendront leur retraite, paieront-ils leur juste part ? L’ont-ils payée par le passé ?

Non. C’est vous et moi qui allons assumer ce fardeau fiscal lorsqu’ils quitteront la vie active.

Ce que le gouvernement ne semble pas comprendre, c’est que de favoriser l’endettement des étudiants, et non pas l’accessibilité aux études, c’est de mettre en péril l’économie québécoise. Cette économie qui, rappelons-le, risque de subir un gros coup quand, justement, la force active fondera à vue d’oeil.

Le choc sera d’autant plus grand si les étudiants qui décrochent leur diplôme traine une grosse dette comme un boulet à leur cheville – parce qu’un étudiant endetté, ce n’est pas un étudiant qui va consommer. Il va, certes, travailler. Il paiera des impôts. Mais surtout, il remboursera sa dette. Longtemps, si on en croit le remboursement proportionnel au revenu. Mais sa contribution s’arrêtera là. Contribuera-t-il à l’économie québécoise ? Non. Son pouvoir d’achat sera gravement amputé, il ne fera des dépenses que de subsistance, et il ne sera pas porté à, par exemple, placer son argent, ou à épargner. Ces dépenses qui se trouvent en dehors de ce cadre de subsistance, l’épargne, l’investissement personnel – ce sont des dépenses qui sont importantes pour faire rouler une économie. Il ne s’agit pas uniquement de donner les clés de nos ressources et de notre économie à des grandes entreprises qui exportent le profit en dehors du Québec.

Ça ne prends pas une maîtrise en économie pour comprendre ça, il me semble.

Le débat des frais de scolarité est beaucoup plus grand que le simple spectre de « la facture des étudiants », comme essaie de nous le faire croire le duo Bachand-Beauchamp. Le débat des frais de scolarité représente, dans les faits, une question majeure pour l’avenir et la prospérité du Québec.

À nous de faire le choix qui s’impose.

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Blogue sur la politique, le monde et la société entretenu par un jeune homme de la région de la Montréal, étudiant en droit à l'Université de Montréal. Souverainiste, et conseiller jeune pour le Parti Québécois dans la circonscription de Mercier. Et aussi, un peu n'importe quoi.



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