Depuis des mois maintenant, les partis d’opposition et la grande majorité des Québécois réclament une enquête publique sur le financement des partis politiques, la collusion, et la malversation dans le milieu de la construction. Pour répondre à ces demandes – et j’utilise le verbe répondre très librement – le Ministère de la Sécurité publique mets en place l’Opération Marteau. Et depuis, c’est la porte de sortie – laissons faire les enquêtes policières.
La plus grande partie de l’argumentaire libéral sur la question se base sur l’idée que, par exemple, si les Hell’s Angels avait été ciblés par une enquête publique, ceux-ci s’en seraient facilement sauvés et seraient toujours actifs au Québec, un propos renforcé par certains criminalistes, comme Michel C. Auger.
Premièrement, soyons clair – à ce que je sache, les Hells Angels ne contribuaient pas à la caisse du Parti libéral du Québec. Bien sûr, ils avaient certains fonctionnaires dans leur poche, mais l’état québécois n’était pas complètement infesté par la corruption des motards. Je ne me rappelle pas, non plus, d’avoir vu des ministres ou des politiciens être corrompus par les Hells – mais je pourrais me tromper.
L’argumentaire du gouvernement pourrait être crédible, mais leur enquête policière est vouée à l’échec. C’est la première fois que je vois un corps policier annoncer une opération. Par exemple, SharQC a été un succès car l’opération a surpris les criminels. Depuis quand est-ce que les policiers appellent les pushers d’un quartier pour leur dire « Ok el’ gros – flush ton stock, we’re on our way! »
Même situation, sauf que maintenant, c’est le gouvernement qui envoie un message à tous ses amis : « Les potes, on brûle les documents – j’appelle la SQ. » Ce qui fait en sorte que, même si un jour on l’a, notre enquête publique, les conclusions vont être vagues, peu concluantes, et les Québécois n’auront jamais toute la vérité, malheureusement.

Blogue sur la politique, le monde et la société entretenu par un jeune homme de la région de la Montréal, étudiant en droit à l'Université de Montréal. Souverainiste, et conseiller jeune pour le Parti Québécois dans la circonscription de Mercier. Et aussi, un peu n'importe quoi.