Bastar-ouache

17 juin
2010

La commission d’enquête publique sur la nomination des juges du Québec, ou commission Bastarache, c’est presque comme un animal écrasé – c’est absolument dégueulasse. Ça pourrait être aussi comparé à un film – arrangé avec le gars des vues. Malgré ces deux points, on ne peut s’empêcher de regarder.

La commission Bastarche a été dépêchée psr le gouvernement libéral pour faire la lumière sur les allégations de Marc Bellemare, ancien ministre de la justice du Québec, sous nul autre que Jean Charest. Dans une époque où plusieurs demandaient une enquête publique sur le financement des partis politiques, c’était très décevant. Une tactique de diversion, pur et simple.

Malgré tout, on a tenté de voir le bon côté des choses – c’est déjà un bon début, qui fallait se dire. On pourra peut-être découvrir quelque chose. Bastarache va peut être élargir son mandat. Les allégations de Bellemare sont si graves qu’il faut vraiment les traiter dans une commission à elle même. On a tenté d’avaler la pilule – la pilule de plusieurs millions de dollars qui n’est qu’un placebo. Un traitement voué à l’échec.

Déjà, que le juge Bastarche refuse de se pencher sur quoique ce soit d’autre que la nomination des juges, c’est une chose. Mais lorsqu’il décide d’inclure le dernier gouvernement péquiste dans l’exercice, on commence à se poser des questions. On se doute fort bien que Michel Bastarache n’a pas l’intention de lancer des fleurs à Bernard Landry.

Aux premières minutes, on sais que c’est un mauvais film, un film ô combien prévisible – mais on est déjà installé au cinéma, alors pourquoi pas continuer à regarder?

Or, malgré toutes les allégations, malgré toute l’attention médiatique que Marc Bellemare a obtenu, et même sollicité, celui-ci se défile et refuse de témoigner à la commission, sous prétexte qu’il a prêté serment de confidentialité en étant assermenté comme ministre. On largue la bombe, et on se pousse.

Je ne remets pas en question les allégations de Marc Bellemare, mais je trouve ça étrange de créer une aussi grosse tempête médiatique, puis se réfugier sous le couvert d’une ancienne immunité parlementaire. Il savait très bien dans quoi il s’embarquait en faisant des allégations aussi sérieuses – il savait très bien qu’il serait convoqué à une commission d’enquête sur la chose. Son excuse, c’est de la merde. Si sa préoccupation, c’est réellement son serment de confidentialité, si j’étais lui, je serai bien inquiet, parce qu’il y a longtemps que ce serment a été brisé.

Question crédibilité, on se demandait comment la commission Bastarache pouvait faire pire. Subitement, le juge Bastarache nous a confirmé qu’il pouvait faire pire, en refusant à ce que l’Opposition officielle – et non pas le Parti Québécois – siège à titre de participant à la commission Bastarache. Non seulement on refuse à l’opposition son droit et son devoir d’agir en gardien des institutions démocratiques, à son devoir de tout questionner et de garder le gouvernement responsable de ses actes, mais en plus, ils sont maintenant au box des accusés et l’on leur refuse le droit de participer – droit qui a été accordé au Gouvernement du Québec, à Jean Charest, et au Parti libéral du Québec, tous séparément. Bastarache laissera toute la scène au Parti libéral du Québec pour exécuter son grand cirque médiatique, trois fois plus qu’une.

Les critiques s’accordent pour dire que ce film sera un échec. Malgré sa production à plusieurs millions de dollars, et les effets spéciaux pour nous en mettre plein la vue, tout porte à croire que ce sera un film qui laissera un goût amer.

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Blogue sur la politique, le monde et la société entretenu par un jeune homme de la région de la Montréal, étudiant en droit à l'Université de Montréal. Souverainiste, et conseiller jeune pour le Parti Québécois dans la circonscription de Mercier. Et aussi, un peu n'importe quoi.



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