Cet article se veut une élaboration de certains propos qui ont été, selon moi, mal interprétés, et aussi, je dois admettre, mal communiqués sur Twitter. Je cherche à ouvrir une discussion et à inciter le débat plus que d’autre chose – si vous voulez partager dans le respect, vous êtes invités à laisser vos commentaires plus bas.

Aujourd’hui, les médias mondiaux ont fait état de la situation à la bande de Gaza. Une flottille d’aide humanitaire dépêchée pour envoyer des tonnes et des tonnes de vivres et autres ressources pour le territoire palestinien. Cette flottille a été abordée dans un débarquement sanglant à environ 80 miles nautiques. L’opération est tâchée de sang – neuf des passagers sont morts, une soixantaine sont blessés.

L’initiative des humanitaires est louable – alléger la pression sur les palestiniens pris dans la bande de Gaza, où, rappelons-le, seulement 500 camions sont autorisés à entrer par jour. Et nous savons tous que les résidents de Gaza ont bien besoin d’un peu de répit.

Le blocage d’Israël est supposément en place pour inspecter toute la marchandise qui entre le territoire palestinien, afin qu’aucune cargaison militaire entre la bande de Gaza, et ce dans le but de réduire les attaques terroristes ou les tirs de rocquette en direction d’Israël, qui tuent plusieurs civils innocents chaque année.

Et de l’autre côté, les palestiniens souffrent, ont de la misère à survivre à leur besoins primaires et essentiels et sont oppressés par les forces armées Israéliennes.

C’est donc pourquoi des activistes ont décidé d’envoyer une flottille de six navires vers Gaza.

Le gouvernement Chypriote a tout d’abord refusé que la flotille quitte des infrastructures portuaires de l’île – les organisateurs défient l’interdiction et quittent des côtes de l’île. Très rapidement, les autorités navales israéliennes ont affirmé au convoi leur refus de laisser quiconque entrer dans la zone de blocus. Selon les récits, Israël a insisté que le convoi devait être redirigé au port d’Ashdod, pour que les contenus y soient inspectés et puis redigirés vers la bande de Gaza par voie terrestre, selon les procédures préétablies. L’IDF aurait averti les navires qu’ils aborderaient ceux-ci si ils s’approchaient à 20 milles nautiques de la côte de Gaza.

Devant le refus du capitaine du Mavi Marmara, les forces armées ont décidés d’aborder le bateau et d’en prendre le contrôle, et ce à environ 80 milles de la côte. Nous connaissons fort bien le résultat. Neuf morts de trop. Soixante blessés aussi.

Un tel blocus est-il regrettable? Bien sûr. Même si un pays comme Israël a le droit de protéger ses civils et son territoire d’attaques terroristes, aucun peuple ne mérite de souffrir comme les palestiniens. Aucun.

Toutefois, plusieurs choses peuvent être dites de l’initiative humanitaire.

Premièrement, la plupart des médias occidentaux (et j’aimerais bien me fier sur Al-Jazeera mais je n’y ai pas accès) s’entendent pour dire que certaines personnes sur les navires étaient là pour la violence et étaient armées. Même que, dans le navire, il y avait des personnes qui étaient engagés comme « boucliers humains ». Dans les vidéos diffusés à travers le monde, on peut clairement voir des soldats israéliens attaqués à coup de bâtons, de chaises, ou d’armes blanches.

Il est clair, par contre, que les soldats ont ouvert le feu, soit d’entrée de jeu, soit en réplique à l’accueil qu’ils ont reçu. Cet usage d’armes à feu constitue un usage disproportionné de la force contre un navire qui, jusqu’à preuve du contraire, était dans son essence pacifique.

Mais, là où j’amène une grande nuance, c’est dans la nature de la mission humanitaire.

Ils savaient pertinemment dans quoi ils s’embarquaient. Ils savaient pertinemment qu’ils défiaient la présence militaire d’Israël. Une fois à l’eau, ils avaient reçu bon nombre d’avertissements. Ils ont eu quelques opportunités de faire demi-tour, ou de changer de cap.

C’est loin d’être une surprise qu’Israël ait abordé les navires. La surprise, c’est la bévue militaire qui en a suivi – d’avoir ouvert le feu, et d’avoir embarqué si tôt. Est-ce que les organisateurs auraient dû s’attendre à une intervention aussi musclée : probablement pas.

Mais pour revenir à cette fameuse mission humanitaire – le but était-il réellement d’amener des vivres, ou plutôt d’essayer de défier Israël et de faire un statement politique en ce qui à trait à Gaza? Le but était-il de provoquer Israël en essayant de défier son blocus, afin d’attirer une telle opération militaire, et, du même coup, toute une attention médiatique sur la situation qui était moins présente dans les médias occidentaux récemment?

Je n’ai pas d’opinion fixe là-dessus.

Tout ce que je peux vous dire, c’est que les deux parties ont leur lot de blâme. Peut-être Israël plus que les humanitaires, bien sûr. Mais rappelons nous, principalement, les gens de Gaza qui souffrent, et qui, un jour, devront être libérés, et que la politique d’Israël en ce qui à trait à la bande de Gaza est hautement discutable.

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Blogue sur la politique, le monde et la société entretenu par un jeune homme de la région de la Montréal, étudiant en droit à l'Université de Montréal. Souverainiste, et conseiller jeune pour le Parti Québécois dans la circonscription de Mercier. Et aussi, un peu n'importe quoi.



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