À la veille de son congrès annuel, qui aura lieu cette année sous le thème de « Démocratie renouvelée, génération engagée », la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec avance un diagnostic – la démocratie Québécoise est « malade ». Et l’aile jeunesse attribue cette maladie à un cynisme généré par tous les partis à l’Assemblée nationale.
Certes, tous les partis ont leur torts, et certains députés n’ont pas agit avec l’élégance et la classe qu’ils devraient avoir. Il y a eu beaucoup d’attaques personnelles et lâches. Tous les partis ont manqué de respect envers l’institution qu’est l’Assemblée nationale du Québec.
Sauf que, ce que la Commission jeunesse du PLQ oublie, c’est que si la démocratie Québécoise est malade, le Parti libéral du Québec est son cancer. Récalcitrant, envahissant, et traître. La tentative de la CJPLQ est louable – vouloir distribuer le blâme également et repartir à zéro, mais les Québécois ne seront pas dupes.
Le tout a commencé avec des révélations sur le financement du Parti libéral du Québec, qui recevrait d’importants dons d’entreprises oeuvrant dans le milieu de la construction. L’opposition a réclamé une enquête publique sur le milieu de la construction – à eux ce sont joints les maires de plusieurs municipalités, plusieurs associations et organismes importants, alliant leurs voix pour une enquête publique. Malgré le fait qu’une grande majorité de la population réclamait une telle enquête, le gouvernement s’est moqué de l’électorat et a refusé de mettre en place une commission d’enquête publique sur le milieu de la construction, ou sur le financement des partis politiques, préférant laisser le champ libre à la Sûreté du Québec et aux enquêtes criminelles.
Pourtant, les libéraux ont récemment eu une chance en or de rejeter le blâme sur l’opposition, avec les révélations du Directeur général des élections, qui avançait que tous les partis avaient reçu des fonds du Groupe Axor, une firme de génie-conseil. Une chance qu’ils ont laissé tomber.
Que dire ensuite du simple ton des débats à l’Assemblée nationale – les libéraux ont criés des injures, les péquistes et les adéquistes aussi – mais qui est-ce qui évitaient les questions de l’opposition, en ne répondant qu’à moitié, en rejetant le blâme sur l’opposition, et en faisant des crises de procédurites aiguës pour faire dérailler les débats ?
Et cette semaine, le premier ministre Jean Charest a présenté son cabinet, non pas remanié, mais redéployé. Un cabinet avec les mêmes ministres qui ont déçus par leur actions et par leurs promesses brisées. Mais, le redéploiement n’a rien à voir avec la baisse des libéraux dans les sondages – au contraire. Les ministres ont été redéployés dans des ministres où leurs forces seront appelés à contribution et à continuer la relance économique du Québec.
Une nomination par contre s’est démarquée du lot – la nomination de Jean-Marc Fournier, qui avait pris sa retraite de la politique il y a deux ans, et qui a été rappelé pour se présenter dans le comté laissé vacant par le départ du leader du gouvernement Jacques Dupuis. Pour le garder occupé jusqu’à l’élection, M. Fournier devient donc ministre de la Justice et, tenez-vous bien, à la Réforme des institutions démocratiques, alors qu’il n’est même pas élu.
Je croyais que le Parti libéral du Québec avait déjà atteint des sommets en terme de mépris et de manque de respect envers l’électorat. Forcé d’admettre qu’on dirait bien que les libéraux ne cesseront jamais de me surprendre. Alors, message à la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec – c’est bien de nous dire que tous les députés à l’Assemblée nationale doivent prendre le blâme, mais ça inclut votre parti. Le PLQ doit arrêter de dire dans toutes les tribunes qu’ils ont pris des actions pour améliorer le ton à l’Assemblée nationale et pour combattre le cynisme, parce qu’ils ne font rien pour attaquer le problème de plein fouet et ils ne prennent aucune part de responsabilité. Avec les idées des libéraux pour combattre le cynisme, nous n’avançons pas – nous faisons plutôt marche arrière.
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