À nous de choisir…

31 juil
2012

XVIe congrès national du Parti QuébécoisCela fait plusieurs mois que j’essaie de relancer mon processus d’écriture, sur ce blogue. Cela fait longtemps que je reste en marge des discussions sur la blogosphère, à observer ce qui se passe sur la scène politique, et à attendre patiemment le moment où je serai inspiré pour écrire. Après tout, j’ai appris qu’en forçant la donne, ça ne donnait rien.

Et puis là, tout d’un coup, à moins de 24 heures des élections, je suis inspiré.

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Aujourd’hui, les libéraux ont dévoilé une nouvelle publicité pré-électorale, visant directement la chef du Parti Québécois, Pauline Marois.

La voilà – la fameuse ballot question. Les libéraux et l’économie, ou Pauline Marois et la rue.

Ce qui ressort du message des libéraux – que ce soit dans cette publicité en particulier, dans leurs interventions en chambre, ou dans leur spin médiatique de tous les jours, c’est qu’ils n’ont tout simplement plus rien à offrir aux Québécois. Plutôt que de présenter idées autour desquelles les Québécois peuvent se rassembler et s’unir, Jean Charest préfère cultiver la division et nourrir le conflit étudiant à des fins électorales. Il préfère s’en remettre à des publicités à l’américaine, à des messages négatifs, qui cachent une débilité incroyable et qui sont le vibrant témoignage d’un parti qui n’éprouve que du mépris pour l’intelligence des Québécois.

Cette publicité, d’ailleurs, parlons-en. 15 secondes de Pauline Marois qui joue de la casserole dans le comté d’Argenteuil, en pleine campagne électorale aux côtés du candidat du PQ, Roland Richard. La rue.

Évidemment, c’était beaucoup plus éloquent de mettre une image de Pauline Marois qui fait du boucan avec des électeurs, le tout en ralenti, plutôt que de passer, par exemple, un extrait des débats à l’Assemblée nationale, où Pauline Marois et le Parti Québécois taillait en pièces le gouvernement sur la question des frais de scolarité ou de la loi 78, alors que Jean Charest, lui, esquivait les questions de manière peu habile.

Plusieurs ont suggérés que le Parti Québécois réplique. Qu’il fasse une publicité similaire avec, par exemple, des images des coups de matraque donnés aux étudiants. Ou avec la fameuse blague de Jean Charest au Salon du Plan Nord. Mais il n’en sera rien. Par que, contrairement aux libéraux, le Parti Québécois a quelque chose a offrir aux Québécois. Si les libéraux veulent continuer à contribuer au cynisme rampant et veulent continuer à espérer gagner des élections avec des taux de participation de 25% comme dans LaFontaine, qu’à ne cela tienne. D’autres vont aller rencontrer les Québécois et discuter de grandes idées avec eux – des idées pour relancer le Québec.
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Cet avant-midi, les ministres Raymond Bachand et Line Beauchamp ont annoncé deux mesures visant le régime d’aide financière aux études pour « favoriser l’accessibilité aux études ». La première est d’instaurer le remboursement proportionnel aux revenus, et la deuxième vise l’élargissement du programme existant de prêts et bourses.

En fait, on devrait plutôt dire l’élargissement du programme de prêts. Tout simplement. Grosso modo, ces deux mesures viennent dire qu’on permet à plus d’étudiants de s’endetter plus et ce, sur une plus longue période.

Côté « accès aux études », on repassera.

Au final, le gouvernement refuse de bouger sur la question des frais de scolarité – les étudiants doivent payer leur juste part.

Parlons-en, de la juste part.

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Personne ne nie que le Québec fait face à d’importants défis au cours des prochaines années.

Personne ne nie, non plus, que la scène politique québécoise a besoin criant de renouveau – d’un vent de fraîcheur qui ferait changement des vieilles promesses répétées ad nauseam par les mêmes personnes, année après année.

Personne ne nie que le Québec a soif de changement.

Mais François Legault – vraiment ?

François Legault n’incarne pas le renouveau. Rappelons qu’il a été ministre de l’Innovation technologique, et ministre de l’Éducation sous Lucien Bouchard, puis ministre de la Santé sous Bernard Landry. Rappelons également que, lorsqu’il quitte son poste de député de 2009, il empoche la prime de départ d’usage. Moins de deux ans plus tard, soit en février 2011, Legault refait surface, mettant fin à des mois de spéculation et publiant un manifeste avec onze autres signataires.

Aujourd’hui, la Coalition Avenir Québec est un parti politique, elle a quatre députés – sans compter les députés de l’Action démocratique du Québec, qu’elle s’apprête à avaler, purement et simplement.

Mais qu’en est-il vraiment, de ce parti et de cet homme qui ont la tête des sondages depuis plusieurs semaines ? De ce vent de « changement » ?

Concrètement, il n’en est rien.

Lorsqu’on regarde les vingt actions pour agir sur l’avenir ou les cinq grands thèmes du plan d’action des caquistes, on se rend compte que ce changement tant annoncé n’est que du vent. La plupart des grandes idées de l’évangile caquiste proviennent du programme du Parti Québécois – quelques unes proviennent de la plateforme du Parti libéral ou de l’Action démocratique du Québec, et d’autres sont presque des vérités universelles au Québec, comme l’engagement d’avoir un médecin de famille pour chaque Québécois.

Mais aujourd’hui, le tout reste très hypothétique. Le programme officiel de la Coalition, pour l’instant, c’est un document de seize pages présenté en novembre 2011, alors que la Coalition n’était pas un parti. Ainsi, on ne sait pas trop ce que Legault entend par un « plan de développement de l’entreprenariat ». On ne sait pas non plus comment il souhaite renforcer le « rôle et [les] pouvoirs de l’Office québécois de la langue française ».

On ne sait rien. On devrait embarquer dans le bateau Legault, parce qu’il est tout neuf, tout beau.

Et au-delà de tout ça, moi, j’ai un gros problème – sa sacro-sainte obsession qu’il n’ouvrirait pas le débat constitutionnel, que le débat sur la souveraineté devait être écarté pour l’instant, et que son éventuel gouvernement ne s’engagerait pas dans des « chicanes » avec le fédéral.

On a le droit de ne pas être souverainiste. On a également le droit d’être souverainiste, mais de se dire qu’au fond, il y a pas mal plus urgent au Québec et qu’on doit régler certaines questions avant de penser à une éventuelle ascession à l’indépendance. C’est quelque chose de tout à fait légitime comme opinion – mais de croire que, dans l’état actuel des choses, nous pourrons nous en tirer pendant cinq ans sans que le débat constitutionnel ne fasse surface et sans qu’une querelle éclate entre Québec et Ottawa, c’est tout simplement un voeu pieux. Par exemple, Legault proposait d’augmenter le salaire des médecins pour que ceux-ci soient incités à voir plus de patients – même si on admets une certaine causalité entre ces deux éléments, on est en droit de se demander ce que Legault ferait au pouvoir, alors que le fédéral modifie l’entente sur les transferts en santé de manière unilatérale et sans négociation. Si on s’en remet à son commandement ultime, il retournerait dans son coin, avec moins d’argent dans les poches, et un gros problème sur les bras.

C’est ça qu’on doit rejeter au Québec, le statu quo. Parce que peu importe qu’on veuille un Québec dans un Canada uni, ou que ce que l’on veuille, c’est un Québec libre, il faut en venir à un constat – le Québec perd grandement dans l’échange fédéraliste. Il faudra changer les choses, tôt ou tard. La réforme, ou la porte.

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Il me fait plaisir de vous annoncer mon retour sur la blogosphère, après six mois d’absence. Ce retour sera-t-il éphémère, le temps des vacances ? Peut-être. L’inspiration et le temps m’ont manqué cette session. J’essaierai de faire des efforts pour écrire de manière plus soutenue – surtout que la scène politique bourdonne d’activité. Mes excuses pour cette absence.

Je consomme ce retour sur la blogosphère avec une série de cinq billets – mes souhaits pour 2012. Mes souhaits que je vais vous présenter gravitent, bien entendu, autour de la politique, de la société et des grandes questions qui toucheront le Québec dans la prochaine année.

C’est donc un rendez-vous dès demain pour mon premier souhait pour 2012 – le rejet de François Legault et du statu quo.

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Hier soir, j’ai publié un billet expliquant mon analyse (partielle) de l’état actuel du visage politique au Québec, et relatant mon interprétation des récents évènements au Parti Québécois.

Ce billet, comme celui qui l’a précédé, et portant sur le projet de loi 204 présenté par Agnès Maltais, a suscité beaucoup de réactions – et c’est tant mieux. Ces enjeux et ces évènements sont importants, et trop longtemps ce blogue fût un monologue de ma part, auquel quelques personnes réagissaient sur Twitter.

Or, j’ai eu vent de quelques allégations faites à mon endroit et à l’endroit de ce blogue, comme quoi j’y pratiquerais la censure des opinions divergentes et qui ne sont pas enlignées sur mes propos.

Ce genre d’allégation est assez sérieuse envers mon intégrité et mon honnêteté que je préfère écrire un court billet pour les démentir carrément.  Plus »

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Il faut se l’admettre, ça a brassé dans les dernières semaines au Parti Québécois, avec la démission de cinq députés – Beaudoin, Curzi et Lapointe, suivi par Aussant, et finalement par Charette.

Ça a brassé, parce qu’on est passé d’un débat sur la protection juridique de l’entente entre Quebecor et la ville de Québec quant au nouvel amphithéâtre multifonctionnel dans la ville à un véritable enchaînement de démissions et un grand débat sur les méthodes de faire au Parti Québécois.

Or, j’ai grande peine à comprendre les motifs qui ont poussé certains démissionnaires à quitter le navire. Et j’émets de sérieuses réserves à prendre leur parti.  Plus »

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En tant que citoyen, et aussi en tant que militant du Parti Québécois, je suis profondément troublé par l’initiative de la députée de Taschereau, Agnès Maltais, de déposer un projet de loi privé qui offrirait une protection légale à l’entente parvenue entre Quebecor et la ville du Québec sur la construction et l’exploitation d’un nouvel amphithéâtre multifonctionnel à Québec, et ce à la demande du maire de Québec, Régis Labeaume.

Déjà, on peut se poser des questions sur le bien-fondé de la construction d’un nouvel amphithéâtre à Québec. Certains sont pour, certains sont contre. Quelles seront les retombées économiques de ce projet, considérant qu’il n’est pas certain qu’une équipe de hockey de la LNH vienne s’y installer dans un futur rapproché, et considérant l’investissement requis ?

Certes, le Colisée actuel est désuet et ne réponds plus à la demande – mais les études de faisabilité ont-elles toutes été faites dans les règles de l’art ? Le projet accorde-t-il la fameuse « capacité de payer des Québécois » qu’on nous a enfoncé dans la george dans le dernier budget, le développement économique, et les retombées économiques ? Ou est-ce qu’on ne fait que graisser la patte à Pierre-Karl Péladeau sur le dos des contribuables pour que Québec ait, peut-être, un jour, une équipe ?

Tant de questions qui restent sans réponses, pour vous et moi. Et la cerise sur le sundae, c’est qu’on voudrait nous bâillonner en plus.

La question que je pose à la députée de Taschereau : vous soutenez que l’entente survenue entre Quebecor et la ville de Québec s’est fait en suivant les règles d’éthique et les règles d’attribution de contrats – donc, dans la plus grande transparence. Pourquoi est-il alors nécessaire de fournir aux acteurs de cette entente un sauf-conduit légal, surtout quand la mise des contribuables est élevée ? Pour éviter que des « filibusters » tentent de saboter le tout en retardant le projet ou le faisant avorter en s’attaquant aux tribunaux ?

Pourtant, si l’entente est si blanche, les acteurs seront blanchis, et nous continuerons notre belle marche vers un nouvel amphithéâtre à Québec, et peut-être même un retour des Nordiques – qui sait, peut-être même une série Montréal-Québec – une vraie ! Pas une pâle copie de chez Quebecor.

Deux concepts importants régissent le droit, Mme. Maltais – l’état de droit, et la primauté du droit. Je ne suis pas un expert en droit (du moins, pas encore), mais je sais très bien que nul n’est au-dessus de la loi, et que les gouvernements, peu importe leur pallier, sont redevables de leurs actions devant la loi. Aucun projet, aussi emballant soit-il, ne saurait justifier de telles actions.

Il est d’autant plus troublant que vous cherchez à court-circuiter l’État de droit, alors que, depuis des mois, même des années, vous martelez sans cesse – et avec raison – qu’il est nécessaire de tenir une Commission d’enquête publique, notamment sur le milieu de la construction, de revoir les règles d’éthique qui régissent les élus, et de revoir les règles d’attribution des contrats.

 

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Triste journée

2 mai
2011

Alea jacta est. Les dés sont jetés.

Ce soir, les Canadiens ont élus 168 députés du Parti conservateur, permettant ainsi à Stephen Harper de diriger un gouvernement majoritaire.

Il est important de le souligner, ce sont les Canadiens qui ont élus ce gouvernement majoritaire, et non pas les Québécois. Certes, les Québécois ont rejeté le Bloc Québécois, et, au moment d’écrire ces lignes, ont élu 60 députés néo-démocrates. Certes, j’en suis déçu, parce que je crois toujours que le Bloc Québécois est le parti pour représenter les intérêts du Québec à Ottawa.

Mais le NPD est propulsé par le Québec – 60 de ses 105 sièges proviennent du Québec. Le Bloc est peut-être renié, mais le Québec embrasse plus que jamais la gauche – alors que le Canada, lui, embrasse la droite.

En effet, même en ne tenant pas compte des six sièges conservateurs au Québec, le Parti conservateur a toujours sa majorité.

Qu’est-ce que cette élection représente ? Elle représente probablement l’un des clivages les plus importants entre le Québec et le Canada de l’histoire du pays. Le Québec est seul, traîné dans une grande noirceur par le reste du Canada.

Aussi, il faut souligner que cette élection signifie que les Canadiens cautionnent et supportent les méthodes peu singulières de Stephen Harper : outrage au Parlement, mensonges, prorogations, abus de la démocratie, et j’en passe.

L’élection d’aujourd’hui, c’est un rappel sans précédent que nous sommes Québécois, et non pas Canadiens. Un rappel sans précédent des différences entre nous et le reste du Canada. Il est grand temps d’affirmer ces différences de valeurs et de croyances, et de prendre en main notre propre destin, selon nos propres idées.

L’avenir du Québec ne se jouera pas à Toronto ou à Calgary. Il se jouera à Québec.

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Depuis plusieurs semaines, je suis dans un grand débat. Faire un choix idéologique, ou faire un choix pragmatique et stratégique, le 2 mai.

Le choix stratégique, ça serait de voter pour Thomas Mulcair du NPD dans Outremont le 2 mai, pour contribuer gaiement à la défaite du libéral Martin Cauchon. Un choix stratégique contre une personne, plutôt que contre le Parti conservateur, qui est loin derrière dans les sondages dans ma circonscription.

Le choix idéologique, ça serait voter pour la candidate du Bloc Québécois. Candidate qui, malheureusement, n’a presque aucune chance de l’emporter dans une circonscription où les rouges ont régné depuis la création de la circonscription jusqu’à l’arrivée de Mulcair – à l’exception d’un mandat de 1988 à 1993.

Et la croix, le 2 mai, elle ira du côté des convictions – du côté du Bloc Québécois. Plus »

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À propos

Blogue sur la politique, le monde et la société entretenu par un jeune homme de la région de la Montréal, étudiant en droit à l'Université de Montréal. Souverainiste, et conseiller jeune pour le Parti Québécois dans la circonscription de Mercier. Et aussi, un peu n'importe quoi.



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